L'actrice Franca Rame, épouse du Nobel Dario Fo, est décédée

Le point  du 29/05

L'actrice et féministe italienne Franca Rame, épouse et partenaire depuis plus d'un demi-siècle du prix Nobel de la littérature Dario Fo, est décédée mercredi à l'âge de 83 ans, ont rapporté les médias.
A la nouvelle de son décès, le Sénat a observé une minute de silence en ouverture des travaux.
Née le 18 juillet 1929 dans la région de Milan (nord) dans une famille d'acteurs et d'artistes, liée au théâtre des marionnettes, elle entame sa propre carrière artistique en 1950.
Elle épouse en 1954 Dario Fo, écrivain, dramaturge et acteur, prix Nobel de la littérature en 1997. Débute alors entre les deux une collaboration ininterrompue dans l'art et la politique.
Les deux mettent sur pied en 1958 la compagnie théâtrale "Dario Fo et Franca Rame company" : lui est écrivain et metteur en scène, elle actrice et administratrice.
Les deux s'engagent activement dans les années 60 et 70 dans des mouvements gauchistes et féministes. Franca Rame sera brièvement enlevée par des militants d'extrême-droite en 1973, subissant à cette occasion violences physiques et viol.
Ces agresseurs n'ont jamais été condamnés définitivement en raison d'une prescription intervenue après 25 ans.
Elle a évoqué cette expérience dans une pièce écrite par elle-même en 1981, "Le viol".
Franca Rame avait été élue en 2006 sénatrice du parti Italie des valeurs (IDV) de l'ex-juge anti-corruption Antonio Di Pietro, mais avait ensuite abandonné la chambre haute en 2008, frustrée par l'inertie du système politique italien.

Mort non accidentelle d’une artiste

Bruno Fella
Mis en ligne le 30/05/2013

Femme de théâtre, femme d’engagements, femme de Dario Fo, Franca Rame s’est éteinte.

Théâtre Evocation
Quand j’étais petite, sept, huit ans, j’avais une pensée qui m’exaltait : mourir." Franca enfilait alors son bel habit de taffetas lilas à l’ourlet doré cousu par les blanches mains de sa mère. Elle s’allongeait sur son lit, un rosaire courant entre ses doigts, un sourire paisible aux lèvres sous un voile blanc et fermait les yeux. Las, aucun public, Franca Rame perdait son calme, puis culpabilisait, écrivait-elle dernièrement au journal "Il Fatto Quotidiano". Ce mercredi matin, elle n’a pas rouvert les yeux.
Forcément, Franca Rame est une actrice précoce, car enfant de la balle. Née en 1929 à Villastanza en Italie, à peine huit jours de vie, elle était déjà sur les planches pour jouer un nouveau-né. Ce métier, elle ne l’a pas choisi, pourtant elle l’a bel et bien embrassé, jusqu’à épouser un grand échalas d’acteur, trop timide pour la courtiser. En 1954, Franca Rame le pousse contre un mur et d’un baiser fougueux débute son aventure amoureuse, théâtrale et politique avec Dario Fo.
En 1958, le couple fonde la compagnie théâtrale "Dario Fo - Franca Rame". Le succès est au rendez-vous, au point de les voir présenter en 1962 une émission phare de la télévision, "Canzonissima". Mais le duo dérange, dénonce dans ses saynètes. Là où la censure s’annonce, ils claquent la porte et retournent sur scène où leur commedia dell’arte a des accents éminemment politiques. Communistes, un temps, ils virent plus à gauche et s’immergent dans le vent de changement de 1968. Le couple refuse alors le théâtre subventionné pour tenter l’aventure coopérative en fondant le collectif Nuova Scena, puis La Commune. Les satyres, dont "Mort accidentelle d’un anarchiste", s’enchaînent sous le regard malsain de la police et les vivats de publics bigarrés dans des usines ou écoles occupées. Ils font du bruit sur le terrain de bataille des extrêmes gauche et droite de l’Italie de plomb. Trop de bruit.
"Allez bouge, pute : tu dois me faire jouir !" Ce soir du 9 mars 1973, un fourgon ralentit près de Franca Rame. Cinq hommes l’utilisent, en font leur cendrier, y aiguisent leurs lames. Des néofascistes, envoyés en mission par des carabiniers soucieux du "péril rouge". Il n’y aura pas de justice, la prescription enterrera l’affaire 25 ans plus tard. Il y aura d’abord le silence, puis un texte, cru, "Le Viol". Cette voix des femmes n’a pas cessé de lutter, faisant des paroles des armes pour tuer cette idée de la femme objet, notamment dans "Récits de Femmes" écrit en collaboration avec son époux nobellisé en 1997.
Son engagement la porta brièvement à rentrer en politique. Elue au parlement italien en 2006, Franca Rame démissionna pourtant deux ans plus tard, incapable de supporter les compromis. Fragilisée depuis une attaque l’an passé, elle se déplaçait en chaise roulante et se lamentait de ne pas avoir de projets, sinon des funérailles : "Des femmes, plein de femmes, toutes celles que j’ai aidées, des proches, amies ou ennemies vêtues de rouge qui chantent ‘bella ciao’."

La Croix du 30/05/2013

Franca Rame, le souffle de la révolte et de la liberté
Grande figure populaire de la scène contestataire, l’actrice est décédée, le mercredi 29 mai, à 83 ans.

franca rame

ANDREAS SOLARO / AFP
Franca Rame lors d’une manifestation en 1997.
Comparse du prix Nobel de la littérature 1997, Dario Fo – son époux depuis 60 ans –, elle avait été, avec ce dernier, à la pointe de tous les combats politiques et féministes.

L’enfant de la balle
Née le 18 juillet 1929 à Parabiago, dans la région de Milan, Franca Rame est une enfant de la balle. Les origines de sa famille remontent au XVIIe siècle de « burattinis » et au XVIIIe de la commedia dell’arte. Ses parents sillonnent l’Italie de Mussolini, à la tête d’une troupe de théâtre ambulant.
Franca Rame se formera à leur école, débutant sur la scène quelques jours à peine après sa naissance, aux côtés, ou plutôt dans les bras de sa mère, dans un drame. Plus tard, au fil des haltes dans les villes et les villages, elle passe de pièces historiques sur Galilée et Giordiano Bruno à Shakespeare, Tchekhov, Pirandello…

La rencontre avec Dario Fo
Au lendemain de la guerre, Franca Rame rencontre Dario Fo, étudiant aux Beaux-arts passé à l’écriture de sketchs satiriques qu’il interprète à la radio et dans les cabarets. Ils ne se quitteront plus. Mariés en 1954, ils fondent diverses compagnies, dont, en 1958, la Compagnia Dario Fo-Franca Rame. Il en est le dramaturge, auteur, metteur en scène. Elle en est l’administratrice. Tous deux en demeurent les principaux acteurs, créant régulièrement de nouvelles farces et comédies.

Un théâtre de rire et de combat
Arrive 1968. Comme le reste de l’Europe, l’Italie entre en effervescence. Les manifestations se multiplient, la contestation s’amplifie, les heurts se succèdent. Ponctuées d’attentats sanglants signés par l’extrême droite ou les Brigades rouges, les années s’annoncent de « plomb ».
Plus proches des gauchistes que du Parti communiste, Franca et son époux s’inscrivent naturellement dans ce mouvement. Fondateurs des collectifs Nuova Scena, puis, en 1970, La Comune, ils sont les fers de lance d’un théâtre de combat et d’intervention, parti à la « rencontre du peuple ».
Abandonnant les institutions, ils jouent dans les usines et les salles des fêtes, les hôpitaux et les foyers de travailleurs. Ils versent leurs recettes aux associations, soutiennent les ouvriers en grève.
De Mystère Bouffe à Mort accidentelle d’un anarchiste, en passant par Faut pas payer, ils dénoncent pouvoir et argent, capitalisme et injustice sociale. Plusieurs de leurs spectacles seront interdits ou censurés. Portés toujours par la farce et un rire hénaurme, ils s’avèrent d’une violence ravageuse.

Le viol
En 1973, Franca Rame entre au Secours rouge, une organisation gauchiste d’aides aux prisonniers. Elle publie aussi un livre sur la réalité des prisons. Un commando néofasciste, soupçonné d’avoir été manipulé par des policiers, l’enlève. Elle est torturée et violée. Huit ans durant, elle taira, même à son mari, ce qui s’est passé. Pour se libérer du poids de cette « honte » comme elle le dira, elle passera par le théâtre avec Viol, une pièce qu’elle a écrite et interprètée elle-même.
Élue en 2006 au Sénat sous la bannière de l’ex-juge anti-corruption Antonio Di Pietro, Franca Rame démissionne deux ans plus tard, fustigeant l’inertie du système politique italien. Mercredi, à l’annonce de son décès, les sénateurs ont observé, en son hommage, une minute de silence.

DIDIER MÉREUZE

Théâtre. Décès de la comédienne italienne Franca Rame, épouse de Dario Fo

Théâtre mercredi 29 mai 2013

L’actrice et féministe italienne Franca Rame, épouse et partenaire depuis plus d’un demi-siècle du prix Nobel de la littérature Dario Fo, est décédée mercredi à l’âge de 83 ans.
Franca Rame, née le 18 juillet 1929 dans la région de Milan, avait épousé en 1954 Dario Fo, écrivain, dramaturge et acteur, prix Nobel de la littérature en 1997.
Le couple avait mis sur pied en 1958 la compagnie théâtrale « Dario Fo et Franca Rame company » : lui était écrivain et metteur en scène, elle actrice et administratrice.
Franca Rame et Dario Fo s’étaient engagés activement dans les années 60 et 70 dans des mouvements gauchistes et féministes. Franca Rame avait été brièvement enlevée par des militants d’extrême-droite en 1973, subissant à cette occasion violences physiques et viol.
En 2006, elle avait été élue sénatrice du parti Italie des valeurs (IDV) de l’ex-juge anti-corruption Antonio Di Pietro, mais avait ensuite abandonné la chambre haute en 2008, frustrée par l’inertie du système politique italien.

Mort de Franca Rame, épouse de Dario Fo

Par Lefigaro.fr avec AFP
Mis à jour le 29/05/2013 à 18:40
Publié le 29/05/2013 à 18:35

L'actrice et féministe italienne Franca Rame est décédée aujourd'hui à l'âge de 83 ans. Elle était l'épouse et partenaire depuis plus d'un demi-siècle du prix Nobel de la littérature Dario Fo.

Née le 18 juillet 1929 dans la région de Milan (au nord de l'Italie) dans une famille d'acteurs et d'artistes, liée au théâtre des marionnettes, elle entame sa propre carrière artistique en 1950. Quatre ans plus tard, elle épouse Dario Fo, écrivain, dramaturge et acteur, prix Nobel de la littérature en 1997. Débute alors entre les deux une collaboration ininterrompue dans l'art et la politique.

Ensemble, ils mettent sur pied en 1958 la compagnie théâtrale "Dario Fo et Franca Rame company" : lui est écrivain et metteur en scène, elle actrice et administratrice. Les deux s'engagent activement dans les années 60 et 70 dans des mouvements gauchistes et féministes.

Franca Rame sera brièvement enlevée par des militants d'extrême-droite en 1973, subissant à cette occasion violences physiques et viol. Ces agresseurs n'ont jamais été condamnés définitivement en raison d'une prescription intervenue après 25 ans. Elle a évoqué cette expérience dans une pièce écrite par elle-même en 1981, Le viol.

Franca Rame avait été élue en 2006 sénatrice du parti Italie des valeurs (IDV) de l'ex-juge anti-corruption Antonio Di Pietro, mais avait ensuite abandonné la chambre haute en 2008, frustrée par l'inertie du système politique italien.

Mort de Franca Rame, âme sœur de Dario Fo

Enfant de la balle, la compagne du prix Nobel a écrit toute sa vie, fut de tous les combats politiques de la gauche italienne et dut même un jour maudit le payer très cher.
Franca Rame, épouse et compagne artistique de Dario Fo depuis quelque soixante ans, est morte hier à Milan, à l’âge de quatre-vingt-trois ans. Sitôt connue la nouvelle, une minute de silence a été observée au Sénat italien, où elle avait été élue en 2006 sur la liste du parti Italie des valeurs (IDV), créé par le juge anticorruption Antonio Di Pietro. Elle avait démissionné de son mandat deux ans plus tard, furieuse de ce qu’elle nommait l’inertie de cette institution. Sacré caractère, Franca Rame, très belle femme à la tête politique et au cœur chaud, enfant de la balle dotée d’un fort talent d’écriture, apporta dans la corbeille de ses noces avec le futur prix Nobel de littérature (en 1997) le savoir-faire et le culot d’une dynastie de comédiens ambulants de la vallée du Pô. Ensemble, Franca et Dario créèrent dès les années 1950 – auxquelles succédèrent les années de plomb des attentats et des usines en grève – des farces politiques féroces, qu’on continue de monter un peu partout, parfaits exemples d’un théâtre libertaire qui n’a peur de rien ni de personne. Pensons à Mort accidentelle d’un anarchiste (1970) ou encore à Faut pas payer, quatre ans plus tard. Ils jouent en plein air, ou dans des granges, des hangars désaffectés. Le peuple se presse autour d’eux. Dario Fo sans Franca Rame est impensable tel qu’on le connaît. On peut imaginer d’ici la violence de son chagrin. Il y a eu dans leur vie une épreuve terrible, à la hauteur en somme de leur popularité magnifique de lutteurs de classe dans le domaine de l’art. En 1973, Franca Rame fut enlevée par un groupe de cinq fascistes masqués. Ils la violèrent trois quarts d’heure durant, tout en l’accablant des plus obscènes injures. On a su plus tard, bien trop tard, que ces hommes faisaient partie du corps des carabiniers et que dans leur caserne le général se frottait les mains à la seule pensée que ses subordonnés puissent avoir commis un tel crime. Vingt-cinq ans après, quand on connut la vérité, 
il y avait prescription ! Franca Rame, après s’être tue, se résolut – cinq ans après le cauchemar vécu – à sortir du silence, avec une pièce, le Viol, qu’elle eut le courage d’interpréter en personne. L’Italie vient de perdre une artiste sans peur, qui n’hésita jamais à choisir la cause du peuple.

Jean-Pierre Léonardini
 

Mort de Franca Rame, actrice, dramaturge et féministe italienne

Le Monde.fr | 30.05.2013 à 13h28 • Mis à jour le 30.05.2013 à 14h49

En France, on la présente en général comme " la femme de Dario Fo ", mais en Italie, Franca Rame, qui est morte le 29 mai à Milan à l'âge de 83 ans, était une légende : actrice célébrissime, coauteure de bien des pièces de son prix Nobel de mari, figure du féminisme, femme politique... Grande et blonde, superlative, féminissime et chaleureuse, elle était née le 18 juillet 1929 à Parabiago dans la région de Milan, dans une famille d'artistes.

A 8 jours, elle était déjà sur scène, jouant le fils de Geneviève de Brabant dans les bras de sa mère. Les Rame, descendants de plusieurs générations de marionnettistes, voyageaient de ville en ville avec leur grand théâtre ambulant. Franca Rame n'a jamais songé à être autre chose qu'actrice. " Je ne savais rien faire d'autre. La compagnie paternelle a été une formidable école de vie et de théâtre ", constatait-elle, de sa voix voilée par la cigarette, quand on la rencontrait dans le grand appartement milanais, peuplé de masques, qu'elle partageait avec Dario Fo.

THÉÂTRE ENGAGÉ ET SATIRIQUE
Mais dans les années 1950, les compagnies de théâtre ambulant sont – déjà... –laminées par la télévision. Franca Rame rejoint le " grand " théâtre. Sur les photos de ces années-là, elle ressemble à toutes les starlettes italiennes de l'époque, coiffure à vagues et fourreaux moulants. " Personne ne s'intéressait à ce que je pensais. Sauf Dario Fo. Mais il était horriblement timide. Un jour, je l'ai collé au mur et je l'ai embrassé. Et nous voilà, presque soixante ans plus tard... ", racontait-elle en riant en 2007.
Ils se marient en 1954. Dario Fo cherche alors la voie d'un art retrouvant ses origines populaires, face au théâtre bourgeois et au formalisme issu du fascisme. Ensemble, ils créent en 1958 la compagnie Dario Fo et Franca Rame. Leur théâtre devient de plus en plus engagé et satirique, s'attaquant à tous les problèmes de l'Italie, la corruption, la répression politique... On a souvent dit que Dario écrivait et que Franca jouait, mais en fait, la collaboration était bien plus fine que cela. " La science de l'improvisation de Franca m'a énormément aidé pour inventer mon théâtre ", disait le géant Fo en couvant son épouse de toute la tendresse de son œil rond et bleu.

ENLEVÉE ET VIOLÉE
A la fin des années 1960 et tout au long des années 1970-1980, le couple Fo-Rame devient la mauvaise conscience d'une Italie travaillée par ses démons, en ces " années de plomb " où les relents de fascisme et le terrorisme des Brigades rouges minent la société. Ils jouent partout, dans les usines en grève, les salles des fêtes, les hôpitaux, les foyers de travailleurs, leurs pièces courtes et percutantes qui affrontent par le rire tous les vices de l'Italie, à commencer par son machisme congénital. Leur popularité de l'époque est difficilement imaginable, sans équivalent en France.
Franca Rame paiera directement cet engagement. En 1973, elle est enlevée, torturée et violée par cinq militants d'extrême-droite, vraisemblablement commandités par des carabiniers. Pendant des années, elle cachera à tout le monde, même à Dario Fo, ce qui lui est arrivé. " Cela m'était absolument impossible d'en parler. J'avais l'impression d'avoir perdu ma dignité ". Quelques années plus tard, en 1981, elle écrit et joue Viol (Lo Stupro), récit qui va provoquer dans le pays une large prise de conscience. " Certaines femmes s'évanouissaient lors des représentations, revivant ce qui leur était arrivé ". Les coupables n'ont jamais été condamnés, et les faits ont été prescrits au bout de vingt-cinq ans.

ÉLUE AU SÉNAT EN 2006
Franca Rame prend alors de plus en plus directement la plume, " toujours pour écrire des rôles de " mammas " en révolte ", s'amusait-elle. " Je ne supportais plus tous ces textes larmoyants sur ces pauvres et faibles créatures ". Adulée et haïe, admirée et piétinée, elle fait même une apparition en 1988 dans un livre de Leonardo Sciascia, Le Chevalier et la Mort (Fayard, 1989) où l'écrivain, ô ironie, se souvient d'elle pour l'avoir vue, créature éminemment désirable, dans Mais n'te promène donc pas toute nue de Feydeau...
En 2006, elle se lance directement dans la politique, en se présentant avec succès aux sénatoriales sur les listes du Parti des valeurs (IDV) de l'ex-juge anti-corruption Antonio Di Pietro. Elle jette l'éponge en 2008, découragée par l'inertie et la corruption du système italien. Femme-théâtre, à même de saisir l'âme profonde d'un pays où tout est théâtre, à commencer par la politique. A l'annonce de sa mort, le sénat italien a observé une minute de silence. Un beau geste théâtral, mais qui, désormais, en Italie, jouera le rôle de Franca Rame ?
 
Dates

1929 Naissance à Parabiago (province de Milan)
1954 Mariage avec Dario Fo
1970 Formation du collectif théâtral " La Commune "
1973 Enlèvement par un groupe néofasciste
2006 Elue sénatrice sur la liste Italia dei Valori
2013 Mort à Milan
                    

Fabienne Darge

In morte di Franca Rame

di  Fabio Greggio  

Franca Rame, assieme al marito Dario Fo, è l’autrice di teatro italiano più rappresentata nel mondo. Durante l’orazione funebre, dopo la sua morte, davanti al Piccolo di Milano, Dario ricordava come una commedia scritta in sostanza da Franca, “Coppia Aperta, quasi spalancata”, è la loro opera più rappresentata con circa 700 edizioni nel mondo.

Dario era il marchingegno che sfornava idee e input a ripetizione, come si confà a ogni genio. Ma Franca era il filtro, il timbro approvatore, l’editing, il manager. Dario dettava e Franca correggeva. Franca mi onorava della sua amicizia da anni ed io ricambiavo con collaborazioni sul web come la creazione di video sul canale YouTube “FrancaRameVideo” o nel suo blog francarame.it . Era entusiasta del web e una patita internauta. A ottanta anni smanettava come una ragazzina con l’intuito di una trentenne scaltra avanti anni rispetto alla massa. Fin dal 1995, quando internet era ancora cosa da pochi, lei aveva già capito l’importanza del mezzo e aveva speso una fortuna per riversare tutto il loro archivio fotografato e meticolosamente preservato in ogni dettaglio, da copie inedite di canovacci, a foto di biglietti d’ingresso al Teatro, da premi a regali catalogati. “Io nasco archivista” mi diceva e subito partiva con quella sua risata di gola...

 

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